2 avril 2026
La fraude à l’ère de la numérisation : comment protéger efficacement vos paiements ?
Comment les organisations belges peuvent-elles aujourd’hui lutter concrètement contre la fraude ? C’était la question au cœur de notre récent webinaire.
Les chiffres montrent clairement que la menace est bien réelle :
55 % des Belges ont été confrontés au phishing l’an dernier ;
Près d’une personne sur dix a été directement victime ;
364 millions d’euros de fraude ont été signalés au sein de notre écosystème en 2024. Un montant probablement sous-estimé puisque tous les cas ne sont pas déclarés.
Comment la fraude aux paiements évolue-t-elle ?
À mesure que les paiements s’automatisent, la fraude évolue elle aussi. Les criminels ciblent de plus en plus les processus qui entourent les paiements et cherchent à les manipuler à leur avantage.
Comme cela a été souligné lors du webinaire :
Nous voyons apparaître de nouvelles formes de fraude à mesure que les fraudeurs s’adaptent aux nouvelles mesures de sécurité, comme la Vérification du nom du bénéficiaire (VoP), qui vérifie si un IBAN et le nom du bénéficiaire correspondent. Là où ils cherchaient auparavant à surtout pirater les systèmes, ils ciblent désormais de plus en plus les processus de confiance qui entourent ces systèmes pour les manipuler.
Remy Knecht
Head of Anti-Fraud Services, Isabel
Pendant la session, trois scénarios concrets ont illustré l’évolution des tactiques de fraude :
Fraude à la facture 2.0 : le processus de changement de fournisseur comme cible
Les fraudeurs ne se contentent plus de modifier l’IBAN sur une facture. Ils s’attaquent désormais de plus en plus au processus même de modification des données fournisseur, en usurpant des domaines e mail légitimes ou en créant de fausses entités parfaitement crédibles. Dans ce contexte, les contrôles VoP peuvent offrir un faux sentiment de sécurité : s’ils reposent sur un processus interne fragile, ils deviennent eux aussi manipulables.Détournement de Peppol : quand les canaux de facturation électronique réputés fiables sont manipulés
Les réseaux de facturation électronique comme Peppol réduisent le risque de fraude par e-mail, mais la réputation de ce canal peut aussi créer un excès de confiance et faire baisser la vigilance. Des entreprises lookalike peuvent tenter d’intégrer le réseau ou détourner des identités existantes afin d’envoyer de fausses factures à grande échelle par le biais d’un canal pourtant considéré comme fiable.Fraude au salaire : manipulation des processus RH et payroll
En se faisant passer pour des employés, les criminels sollicitent une modification de numéro de compte bancaire auprès des RH. Si ces changements sont validés trop facilement, les salaires peuvent être versés à la mauvaise personne. Pour en savoir plus sur ce sujet, lisez notre blog sur la fraude au salaire.
Quelles mesures concrètes pour protéger vos paiements contre la fraude ?
Une protection efficace repose sur trois piliers : la vigilance, des processus internes solides et un usage intelligent de la technologie :
✔️ Sensibilisation et formation
Les collaborateurs constituent la première ligne de défense. Un esprit critique reste donc essentiel. Créer une culture, dans laquelle chacun ose questionner des demandes inhabituelles ou suspectes, permet déjà d’éviter de nombreux incidents.
✔️ Contrôle des fournisseurs
Duidelijke procedures rond de onboarding van nieuwe leveranciers en het valideren van wijzigingen aan bankrekeningnummers verlagen het risico aanzienlijk. Hoe sneller afwijkingen worden opgemerkt, hoe kleiner de impact.
✔️ Une automatisation intelligente, comme l’invoice screening
L’automatisation permet de réduire les erreurs manuelles et détecter des schémas inhabituels qui passeraient autrement inaperçus. Lorsque les volumes de paiements augmentent, l’automatisation devient non seulement un levier d’efficacité, mais aussi un moyen indispensable pour garder le contrôle. Des technologies comme l’invoice screening automatisé peuvent aider les organisations à repérer les risques plus tôt dans leurs processus de paiement.
La lutte contre la fraude demande une attention constante et une approche collective
Les fraudeurs innovent en permanence. Il faut donc rester constamment vigilant, réévaluer régulièrement ses processus de contrôle et rester attentif aux nouvelles techniques utilisées par les criminels.
La bonne nouvelle ? Les organisations ne sont pas seules face à ce défi. Des initiatives collectives comme Safeonweb et le Belgian Anti-Phishing Shield (BAPS) bloquent déjà aujourd’hui des millions de clics vers des sites suspects.
Le Belgian Anti-Fraud Coordination Board souligne lui aussi l’importance de la collaboration. Cet organe de concertation réunit des experts de différents secteurs pour partager leurs connaissances, croiser les enseignements et renforcer la lutte contre la fraude. Remy Knecht, Head of Anti-Fraud Services chez Isabel, en est membre :
La prévention de la fraude ne fonctionne que lorsque les organisations partagent leurs enseignements et collaborent avec d’autres secteurs. En réunissant les institutions financières, les acteurs des télécoms et les autorités publiques, nous pouvons détecter les schémas frauduleux plus rapidement et réagir plus efficacement. La collaboration est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour lutter contre la fraude.
Remy Knecht
Head of Anti-Fraud Services, Isabel
Le même principe s’applique aussi au sein des entreprises. Prévenir la fraude n’est aujourd’hui plus uniquement une affaire de finance. Les équipes RH, par exemple, jouent un rôle important dans la prévention de la fraude au salaire, tandis que d’autres départements peuvent repérer d’autres signaux d’alerte.
En partageant leurs expériences, en renforçant leurs processus et en restant attentives aux nouvelles techniques de fraude, les organisations ne se protègent pas seulement elles-mêmes : elles contribuent aussi à un écosystème financier plus résilient.